SEOUL, Corée du Sud– Au marché Moran, à l'extérieur de la capitale Séoul, Corée du Sud, les animaux qui sont confrontés à la consommation de chiens et de chats sont aussi peinés et égarés que pourrait l'imaginer un défenseur des animaux.
Le silence des animaux déshydratés et désespérés est une partie inattendue du choc. La majorité des chiens peuvent aboyer. Ils le font rarement.
Seuls quelques anciens animaux familiers de race pure et un chiot essayant de ronger l'extrémité d'une corde en nylon semblent espérer que tout soit différent.
Des chats étourdis exposent des blessures saignantes apparemment à cause de coups de marteau sur le front.
Des coqs passent leurs cous entre les barreaux des cages surchargées et, au lieu de chanter, ils suffoquent.
Les conditions sordides du marché de Moran dégénèrent en quatre petites rues et passent des conditions d'une ancienne fourrière abusive pour chiens, à la fin du marché près de la principale rue de traverse, aux pires profondeurs de la négligence affichée par des accapareurs d'animaux certainement dérangés.
Là, parmi les chats entassés sur deux ou trois rangées, les vivants avec les morts rigor mortis ; à côté d'une chatte dans un état extrême de chaleur, de déshydratation et probablement malade mais essayant toujours de s'occuper de ses chatons ; au milieu de l'odeur nauséabonde des lapins vidés après une électrocution avec des fils de démarrage ou un grand coup sur la tête ; les poulets collés dans leur cage par leur propre tas de guano ; des poissons sur le dos dans des seaux de déjections ; des carcasses de chiens écorchées au-dessus de cages de chiens vivants ; et, la vapeur sortant de marmites pleines de chats qui ont du être ébouillantés vivants, l'éditrice d'ANIMAL PEOPLE, Kim Bartlett s'est mise à pleurer.
Alors qu'elle pleurait, elle a attrapé un regard fugace de sympathie d'une femme avec un effroyable étalage qu'elle avait photographiée. La photo se trouvait parmi 72 vues que Bartlett avait prises le 19 mai 2001 au cours d'une visite de deux heures au marché de Moran avec le rédacteur en chef d'ANIMAL PEOPLE, Merritt Clifton, la fondateur d'International Aid for Korean Animals (IAKA), Kyenan Kum ainsi que le spécialiste du soin des animaux de North Shore Animal League, Tammy Kirkpatrick.
La photo a révélé un portrait de honte. A moitié cachée derrière un tuyau supportant une tente qui ne cache rien du tout ou n'abrite pas du soleil, cette femme a enduré la photo avec les yeux fermés, la tête penchée, les cheveux tombant sur son visage et les bras croisés devant elle de façon défensive, comme si elle attendait un coup.
"Dans la culture coréenne, on considère que les bouchers de chiens sont inférieurs aux prostituées, " a expliqué Kyenan Kum. " Des parents ne voudraient pas que leur fille ou leur fils entre dans ce commerce. "
Mais, une fois qu'une personne est piégée dans ce commerce par la naissance ou le mariage, a ajouté Kum, elle peut se sentir incapable de s'échapper. " La Corée, " a déclaré Kum, " en tant que société patriarcale, impose qu'une femme serve son mari, même si cela signifie faire un travail qui lui fait honte. "
Sur le marché de Moran, il y avait également des vendeurs avec des visages effrontés, hostiles, curieux et indifférents.
Cependant, il y avait surtout des visages détournés, à chaque fois que les brutes du fameux marché de chiens et de chats essayaient d'interrompre les deux heures de photographie et se tournaient vers les spectateurs pour chercher un soutien.
Même les personnes qui étaient peut-être venues acheter des chiens et des chats pour leurs dîners hésitaient à se révéler. Les clients potentiels suspectés s'éloignaient lentement, encore et encore, avec des yeux détournés. Presque personne ne semblait acheter–du moins tant qu'elles savaient que nous regardions.
Quartier chaud
L'ambiance était celle d'un quartier chaud [quartier où se trouvent les prostituées], pas d'un quartier de restaurants. Et tel était l'endroit, une zone commerciale et résidentielle isolée, coincée entre les quais de la rivière Pukkan, la gare ferroviaire de marchandises de Moran et un parc industriel.
Le Sud-Coréen moyen considère le marché de Moran ou d'autres endroits qui fournissent de la viande de chien et de chat comme l'Américain moyen considère la façon dont les poulets, les porcs et le bétail sont élevés et abattus --ou considère une grande partie des quartiers où les désespérés cherchent des prostituées, de la pornographie et des drogues illégales.
En Corée du Sud, le trafic de viande de chien et de chat est considéré comme un vice. La reconnaissance des animaux comme des victimes innocentes souffrantes traîne derrière la prise de conscience que la consommation de chiens et de chats est choquante pour le reste du monde.
Ce n'est cependant pas parce que les Sud-Coréens sont hostiles envers les animaux. La majorité est peut-être neutre. La majorité n'a aucune raison de s'intéresser aux animaux, avec qui ils ont rarement des contacts dans la vie de tous les jours.
Actuellement, seulement 6% des Sud-Coréens vivent dans des fermes–environ le même pourcentage d'Américains qui vivent dans des fermes–et seulement 28% vivent dans des zones rurales, contre 27% des Américains.
Etant donné que la population sud-coréenne se concentre fortement dans des immeubles en ville, où il est peu pratique et interdit d'avoir un animal familier, de nos jours, relativement peu de Sud-Coréens voient encore des animaux vivants, autres que des oiseaux aperçus en plein vol.
Les 48 millions de Sud-Coréens ne possèdent que deux millions de chiens en tant qu'animaux familiers, une proportion d'un chien pour 12 habitants ; la proportion des Etats-Unis est d'un chien pour quatre habitants ou 68 millions de chiens. Les Sud-Coréens ne possèdent que 10 000 chats comme animaux familiers ; les Américains possèdent environ 73 millions de chats domestiques.
Cependant, le nombre de Sud-Coréens propriétaires de chiens a commencé à monter en flèche, alors que les fortunes croissantes et les familles plus petites, commencées plus tard dans la vie, laissent plus d'espace dans les c½urs et dans les appartements pour un animal. Au cours des dernières années, le nombre de chiens et de chats domestiques a dû dépasser le nombre d'animaux élevés pour la boucherie.
Pour être certain, de nombreux animaux sont passés du statut "d'animal familier " au statut de "viande. " Certains Sud-Coréens achètent des chiots ou des chatons, les élèvent jusqu'à ce qu'ils soient assez grand pour poser des problèmes, puis ils les vendent ou les échangent aux revendeurs de viande. Il paraît également que les animaux familiers sont volés pour leur viande.
Mais par rapport à la population féline et canine totale, le nombre d'anciens animaux familiers consommés est certainement inférieur au nombre d'animaux familiers américains qui étaient abandonnés dans les abris ou vendus à des laboratoires il y moins d'une génération, avant que l'éthique américaine actuelle pour la possession d'animaux familiers n'émerge suite au mouvement pour les droits des animaux des années 80.
Nouvel espoir
L'optimisme est nouveau parmi les défenseurs coréens des animaux.
" Fâcheusement, " a déclaré Kyenan Kum, " même les jeunes qui s'intéressent aux animaux ont des difficultés pour s'impliquer dans la protection des animaux parce que leurs parents leur interdisent d'entrer dans une profession ou une activité aussi indigne et inopportune. "
Kyenan Kum, 54 ans, et Sunnan Kum, 57 ans, ont persévéré, mais à un coût personnel élevé. Kyenan, artiste, n'a pas produit de travail artistique depuis 1988, lorsqu'elle est devenue une représentante de l'IFAW.
Pendant que Kyenan a attiré l'attention du monde sur la situation critique des animaux en Corée du Sud, Sunnan a fait de sa maison le premier abri de KAPS, déménageant dans un appartement à deux rues de sa maison afin que les animaux aient plus d'espace. Cette propriété est maintenant l'abri KAPS pour les chats, les canards, les lapins et les chiens viverrins.
Ensuite, Sunnan a loué les deux étages supérieurs du bâtiment où, elle et son mari tiennent une petite pharmacie et, elle en a fait un espace pour le bureau de KAPS, une clinique de stérilisation, des chenils de quarantaine pour les chiens.
Finalement, le besoin d'un endroit sûr pouvant être utilisé pour réhabiliter les oiseaux sauvages blessés a obligé Sunnan à transformer également une grande partie de son appartement en abri.
Toute la vie de la fille de Sunnan, Sueyoun Cho, animatrice vidéo professionnelle, a été impliquée dans KAPS.
" Ce n'est pas facile, " a déclaré Sueyoun Cho à ANIMAL PEOPLE. " Près d'une fois par jour j'entends, 'Prenons un chien,' 'Prenons dix chiens pour cette soirée,' 'Les chats sont bons pour soigner les os,' etc. "
Choi Hui-bok, 23 ans, de Pusan, n'a pas pu supporter le stress provoqué par les rapports différents qu'elle avait avec les animaux. Elle a essayé à plusieurs reprises de dissuader son mari Chung Hae-soo de consommer de la viande de chien. Lorsqu'il a persisté, elle s'est pendue le 11 avril 1995, presque comme les bouchers pendent les chiens.
Elle aurait pu retrouver de l'espoir dans l'exemple du producteur vidéo coréen/américain, Danny Seo, 24 ans, qui, début 2001, a visité la Corée du Sud pour affaires, en tant qu'invité de Samsung. Samsung a donné 100 000 dollars à Seo pour ses services. Seo a immédiatement fait don de 20 000 dollars à KAPS, pour un tiers des coûts d'un site de sanctuaire rural, à mi-chemin entre Séoul et Daegu.
Ayant fondé le groupe d'action environnemental Earth 2000 en 1989, à l'âge de 12 ans, qui compte 26 000 membres, Seo comprend la difficulté d'être le premier à se lancer dans une cause et à construire une organisation.
Mais le cadeau de Seo, per se, n'était pas ce que la plupart des personnes avaient présagé être un grand changement des Coréens dans leur façon de considérer les animaux. Le changement a concerné l'attention favorable considérable et en masse qu'a obtenu son don dans le journal plutôt conservateur Korea Times.
Dans le monde
Les fichiers d'ANIMAL PEOPLE indiquent que des chiens et, parfois, des chats sont consommés dans les régions du Cambodge, de la Chine, des îles Fidji, de l'Indonésie, du Japon, du Laos, des Philippines, des régions asiatiques de l'ancienne Union Soviétique, de Taiwan, de Thaïlande et du Vietnam–mais presque exclusivement par des membres d'une minorité ethnique chinoise ou par des groupes indigènes isolés.
Les Bouddhistes Tibétains et Thaïlandais désapprouvent tout particulièrement la consommation de chiens et de chats, parce qu'ils pensent que les chiens et les chats peuvent posséder les âmes réincarnées d'êtres humains. Etablis au Tibet lors des efforts du gouvernement actuel de Beijing pour renverser l'influence bouddhiste, les immigrés des ethnies chinoises sont accusés par moment de provoquer délibérément des scandales en tuant et en cuisinant des chiens dans les rues de Lhassa. La consommation de chiens parmi les réfugiés du Cambodge, du Laos et du Vietnam exacerbe en quelque sorte le différend ethnique dans le nord de la Thaïlande. Le lancements des exportations de viande de chien au milieu des années 90 ont soulevé les soupçons généralisés sur l'alimentation du commerce avec des animaux familiers volés.
La consommation de chiens–mais apparemment pas la consommation de chats–est connue et peut-être commune en Angola, au Cameroun, au Congo, au Lagos et au Niger, mais elle n'est pas associée avec des statuts socio-économiques bas.
Cependant, la consommation de chats est pratiquée dans une partie du Pérou côtier peuplé par d'anciens esclaves aux ancêtres africains, dont les descendants célèbrent leur appartenance ethnique chaque année avec la fête de la cuisine de chat. Il paraît que l'évènement attire les chercheurs de sensations comme les fêtes des "testicules " qui ont lieu aux Etats-Unis, dans le pays des cow-boys et, pendant lesquelles les participants consomment des testicules de taureaux et de grandes quantités de bière.
On a occasionnellement rapporté des cas de consommation de chiens à Cuba et, de consommation de chats en Argentine, mais seulement lors d'importantes pénuries en alimentation. En 1996, une télévision a montré un cas de consommation de chats, en Argentine, par des habitants de taudis, ce qui a provoqué des protestations immédiates pour obtenir une réforme sociale.
Excepté en Corée et en Chine, le nombre de chiens et de chats consommés est relativement peu élevé. David Derbyshire du Daily Mail a indiqué qu'en 1996, le chiffre des Philippines était d'environ 26 000 par an. La consommation de chiens a été interdite à Manille en 1982 et, dans tout le pays en 1998, suite aux campagnes de l'IFAW, avec des exceptions pour les chiens tués et consommés lors de rituels indigènes. Cependant, la consommation de chiens en tant que pratique habituelle existe toujours parmi les taudis Polynésiens et d'ethnies chinoises et, dans sept provinces montagneuses du nord dominées par les tribus Igorot.
Des propositions pour réguler et non pas abolir l'abattage de chiens et de chats pour leurs viande sont récemment apparues partout en Asie–souvent après que de telles pratiques se soient répandus à de nouveaux endroits. A Nanjing, Chine, par exemple, un tumulte s'est élevé en janvier 1994 lorsqu'un boucher de chiens, établi depuis longtemps, a commencé à vendre aussi des chats.
Mais, le 26 janvier 1999, le département de la pêche et de l'agriculture de Hong Kong a rejeté la concept même d'autorisation de l'abattage de chiens et de chats, lorsqu'un représentant à écrit à Jill Robinson d'Animals Asia, "Il n'existe aucun moyen de tuer humainement des chiens pour leurs viande. Cela comprend la façon dont les animaux sont tués et également les dispositions prises avant l'abattage. Les chiens seraient extrêmement stressés dans une situation comme celle que l'on trouverait dans un abattoir. Il existe des normes internationalement acceptées pour abattre d'autres animaux, qui réduisent le stress des animaux. En ce qui concerne les chiens, il n'existe aucune norme. Il n'existe aucun moyen de tuer humainement un chien " pour la consommation des hommes.
Bien que la lettre ne parle pas en particulier des chats, la population des chats de gouttières visiblement importante à Hong Kong, est entretenue par des dizaines de milliers de personnes qui nourrissent par hasard les chats et, par plus de 500 personnes qui participent dans des projets de sauvetage et de stérilisation/remise en liberté qui se développent très rapidement. Les chats ne sont pas consommés publiquement à Hong Kong depuis des générations. Le directeur administratif de la Hong Kong SPCA, Chris Hanselman et le fondateur de Salvation Army for Cats, William Fan, entre autres, doutent que les personnes essayant de réintroduire la consommation de chats n'arrivent à trouver l'approbation de la communauté. --Merritt Clifton
[International Aid to Korean Animals (IAKA) et Korean Animal Protection Society (KAPS) peuvent être contactées sur le site Internet <www.koreananimals.org>. Asian Animal Protection Network se trouve sur le site <www.aapn.org> ; et Animals Asia Foundation se trouve sur le site <www.animalsasia.org>.]
PS: ma mère ma toujours répété quand j'était petite,que quelqu'un qui sait faire du mal aux animaux gratuitement peut alors faire du mal a un etre humain!! et que de toute façon ses personnes là, le payeron tot ou tard !!